Voyage
Pattaya : la montagne du Bouddha Khao Chi Chan
Dernière vérification : 2026-07-16
Rédigé par Ricardo Dos Santos
Une ancienne carrière à quinze kilomètres au sud de Pattaya porte un Bouddha doré de 130 mètres, dessiné au laser sur la falaise en deux nuits en 1996.
Une carrière devenue portrait du roi
À quinze kilomètres au sud du centre de Pattaya, une colline calcaire nommée Khao Chi Chan porte le contour d'un Bouddha assis, haut de 130 mètres et large de 70 mètres, dessiné à la feuille d'or à même la roche nue. L'image, officiellement nommée Phra Phuttha Maha Wachira Uttamopat Satsada, a été commandée en 1996 pour marquer le cinquantième anniversaire de l'accession au trône du roi Bhumibol Adulyadej — le Jubilé d'or. Avant cette date, la montagne avait une histoire bien moins paisible : son extraction pendant la guerre du Vietnam fournissait la pierre des pistes de la base aérienne d'U-Tapao, puis, dans les décennies suivantes, une extraction illégale a continué d'entamer la falaise pour fournir des matériaux de construction, laissant une cicatrice brute que le gouvernement a choisi de consacrer plutôt que de simplement fermer.
Deux nuits au laser, des mois de feuille d'or
Ce qui rend Khao Chi Chan singulier, ce n'est pas sa taille — la Thaïlande compte d'autres bouddhas géants — mais sa méthode de fabrication. Des ingénieurs ont projeté le contour à l'aide d'un laser à argon ionisé de 20 watts, traçant les lignes d'un Bouddha assis dans le style Sukhothai directement sur la falaise. Le faisceau n'étant bien visible que dans l'obscurité, le tracé s'est fait de nuit ; la gravure complète a été achevée en deux nuits seulement. Ce n'est qu'après avoir entaillé la roche que des artisans ont rempli les sillons de feuille d'or, un travail bien plus lent qui a demandé plusieurs mois. Il s'agirait, selon la plupart des sources, du seul Bouddha de cette envergure jamais réalisé par gravure guidée au laser.
Lire le geste
Le Bouddha est assis en tailleur, la main droite reposant ouverte sur le genou droit, la main gauche tournée vers le haut sur les genoux — le mudra bhumisparsha, le geste qui marquerait l'instant précis de l'éveil sous l'arbre de la Bodhi, quand le Bouddha appela la terre à témoigner de son illumination. Les proportions de style Sukhothai donnent au visage une symétrie calme et allongée, plutôt que le modelé plus musclé des images de style Ayutthaya postérieures, ce qui explique en partie pourquoi le contour se lit si nettement de loin malgré un relief quasi inexistant.
Visiter le site
L'entrée est gratuite, et le site est ouvert tous les jours de 8h à 17h. Au pied de la montagne, des jardins paysagers avec bassins de lotus et petits sanctuaires laissent respirer le contour doré au lieu de s'y presser directement contre la roche. Il n'existe pas de ligne de bus directe ; la plupart des visiteurs arrivent en songthaew affrété ou en taxi depuis le centre de Pattaya, un trajet d'environ 20 à 30 minutes selon la circulation, souvent combiné à la visite d'un temple voisin car le site lui-même ne demande que 30 à 45 minutes pour être vu correctement. Venez si possible en fin d'après-midi : le soleil bas accroche la feuille d'or et rend le contour nettement plus lumineux sur le calcaire qui s'assombrit.
Pourquoi le lieu compte encore localement
Au-delà de l'image de carte postale, Khao Chi Chan est un cas rare de paysage industriel abîmé récupéré pour un sens religieux et civique plutôt que réaménagé ou abandonné. Pour un district côtier largement construit autour de la vie nocturne et du tourisme balnéaire, la montagne fait contrepoids : un site gratuit, silencieux, indéniablement thaï, qui attire pèlerins comme curieux sans qu'un droit d'entrée ne filtre qui peut le voir.