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Voyage

Sangkhlaburi : le pont de bois, le temple englouti et la frontière birmane oubliée

Dernière vérification : 2026-07-18

Rédigé par Ricardo Dos Santos

Sangkhlaburi : le pont de bois, le temple englouti et la frontière birmane oubliée
Photo by Laura Paredis / Pexels

À l'extrémité ouest de la Thaïlande, un pont de bois mon, un temple submergé par un barrage et une communauté de réfugiés composent l'un des recoins les plus méconnus du pays.

Le bout de la route, littéralement

Sangkhlaburi se trouve à l'extrémité de la route 323, à moins de dix kilomètres de la frontière birmane, dans la province de Kanchanaburi — à environ cinq à six heures de route de Bangkok, ce qui explique pourquoi la ville reste largement absente des circuits organisés qui s'arrêtent au pont de la rivière Kwaï, bien plus proche de la capitale. Ce n'est ni une destination de transit ni une étape logique sur un itinéraire classique : on vient à Sangkhlaburi délibérément, pas en passant.

Le pont de bois le plus long de Thaïlande

Le Saphan Mon, souvent appelé simplement « pont de bois » (Mon Bridge), s'étend sur environ 400 mètres au-dessus du réservoir de Vajiralongkorn et relie la ville thaïlandaise à un quartier peuplé majoritairement de réfugiés mon, une minorité ethnique birmane installée ici depuis les années 1980. Construit sans un seul clou métallique selon les méthodes traditionnelles, le pont se traverse à pied à l'aube pour observer les moines mon recevoir les aumônes matinales, un rituel quotidien qui se déroule directement sur les planches de bois, dans une atmosphère à des années-lumière du protocole touristique du pont de la rivière Kwaï.

Wat Sam Prasop, le temple que le barrage a englouti

En contrebas du pont, lorsque le niveau du réservoir baisse suffisamment en saison sèche (généralement de mars à mai), les ruines du Wat Sam Prasop émergent des eaux : ce temple bouddhiste a été partiellement submergé lors de la construction du barrage de Vajiralongkorn dans les années 1980, et sa silhouette spectrale, aujourd'hui accessible en petite barque ou parfois à pied lorsque l'eau se retire complètement, en fait l'un des sites les plus singuliers et les moins photographiés du pays. Le reste de l'année, seule la pointe du stupa dépasse de la surface — un rappel discret et permanent de ce qui se trouve dessous.

Une communauté à la frontière de trois cultures

Sangkhlaburi concentre une population mêlant Thaïs, Mon et Karen, ainsi qu'une importante communauté de réfugiés birmans, ce qui se traduit concrètement par des marchés où l'on trouve des textiles mon tissés à la main, une cuisine influencée par la Birmanie voisine et des temples aux styles architecturaux mêlés. Le marché du matin, près du centre-ville, vaut le déplacement pour observer cette coexistence culturelle sans mise en scène touristique particulière — c'est un marché de quartier ordinaire, qui se trouve être extraordinairement divers.

Accès, saison et rythme de visite

Depuis Bangkok, la route directe en voiture ou minibus loué prend cinq à six heures ; les bus publics depuis Kanchanaburi (elle-même à environ trois heures de Bangkok) rallongent le trajet mais restent l'option la plus économique. La saison sèche (novembre à avril) offre les meilleures conditions et, entre mars et mai, la chance de voir le temple englouti émerger ; la mousson (juin à octobre) referme les niveaux d'eau et peut rendre certaines routes secondaires difficiles. Deux nuits sur place suffisent généralement pour le pont à l'aube, le temple englouti selon la saison, le marché du matin et un tour en barque sur le réservoir — un rythme délibérément lent, à l'image du lieu lui-même.